telles qu'elles sont enregistrées dans l'Armorial général de France,
29 septembre 1697 (parchemin, la simplicité du blason indique son
origine médiévale). A.M. Douai, AA39.
Ville drapante et du blé au Moyen Age, elle devient universitaire au XVIème siècle.
Française à partir de 1667, elle est ville parlementaire et militaire.
La révolution industrielle permet l'exploitation du charbon. Douai est capitale du Bassin des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais au XXème siècle.
Aujourd'hui, pôle judiciaire, universitaire et industriel, elle offre une qualité de vie à laquelle tiennent ses habitants.
Au Xème siècle, pendant la période qui suit la dislocation de l'empire carolingien, le Comte de Flandre construit sa résidence et est à l'origine de la capture d'une rivière qui rend la Scarpe navigable à partir du site.
C'est l'acte fondateur de la ville et de son essor économique (installation de nombreux moulins). Le Castrum Duacum, qui renferme la vieille tour du châtelain et la neuve tour comtale, connaît une première enceinte à la fin du Xème siècle.
La draperie douaisienne, très florissante au XIIème siècle est réputée dans toute l'Europe et largement exportée. Le commerce du grain occupe également une place prépondérante dans l'économie de la ville. Le blé, l'orge, le seigle proviennent de toute la campagne pour être vendus sur le marché chaque jour. C'est une source d'enrichissement pour la ville qui perçoit des taxes. Le transport se fait par voie d'eau. Douai est le port navigable le plus haut sur la Scarpe et c'est à partir du pont "à le Laigne", actuel pont de la Massue, que débute toute la navigation vers l'Escaut et la mer du Nord.
A cette époque, toute une organisation politique se met en place. Les échevins, représentants de la population, dirigent la ville. Ils sont nommés pour 13 mois (non renouvelables) et forment le Magistrat. Celui-ci siège dans la "halle" au c½ur de la cité (actuel Hôtel de Ville). Ils obtiennent du comte Philippe d'Alsace leur 1ère Charte Communale (avant 1188) qui leur donne le pouvoir de rendre la justice, de légiférer, de veiller à la défense de la ville. Ce système échevinal reste pratiquement inchangé jusqu'à la Révolution de 1789.
Héritier des ducs de Bourgogne, Charles Quint reçoit en héritage le comté de Flandre au début du XVIème siècle. Il réprime avec vigueur la doctrine de Luther. A Douai, les premiers signes d'hérésie sont aussitôt réprimés.
Pour lutter contre la Réforme, les échevins présentent une requête à l'Empereur pour créer une université à Douai.
Son fils, Philippe II roi d'Espagne, décide sa création avec le consentement de la papauté. Elle est inaugurée en 1562 et doit "servir d'exemple à toute la chrétienté".
L'enseignement comprend la théologie, le droit canon, le droit civil, la médecine et les arts libéraux.
L'université attire de nombreux étudiants venus de tous les Pays-Bas et aussi de l'Angleterre.
En 1579, c'est la rupture entre les Pays-Bas catholiques et les Provinces Unies. Douai reste un bastion catholique important.
A la mort de Philippe IV d'Espagne, Louis XIV réclame les droits de son épouse Marie-Thérèse. En mai 1667, il décide de conquérir la Flandre. Douai est assiégée le 2 juillet et capitule le 6 juillet 1667. Louis XIV entre solennellement dans la ville le 8 juillet par la porte de Valenciennes. Par le traité d'Aix-la-Chapelle (1668), Douai est définitivement rattachée au royaume de France. La ville devient une place militaire d'importance sur la frontière nord. Des casernes sont construites, les fortifications sont améliorées par Vauban, l'Arsenal et la Fonderie de canons sont créés.
Le Parlement de Flandre, cour de justice, s'installe à Douai en 1714 dans les locaux du refuge de l'Abbaye de Marchiennes.
Les parlementaires se logent en construisant de beaux hôtels à la française. Avec les échevins, ils réglementent l'urbanisme dès 1718 et Douai perd son aspect médiéval.
Des maisons de pierres et briques s'alignent soigneusement le long des rues. Ils sont également à l'origine de la reconstruction de la collégiale Saint Pierre vers 1740. Celle-ci deviendra le plus vaste édifice religieux du Nord.
Les changements politiques et la guerre amènent de graves perturbations à Douai.
L'échevinage est remplacé par la commune créée en décembre 1789. Les trois ordres élisent à Douai leurs députés (noblesse, clergé, tiers-état). La confiscation des biens du clergé revêt une ampleur particulière à Douai compte tenu de leur importance. Les couvents sont fermés, leurs occupants expulsés. La vie spirituelle s'éteint. L'Université est supprimée en 1793 ainsi que le Parlement. Douai est toutefois retenue comme chef-lieu du département du Nord en 1790.
Douai reste ville judiciaire : la Cour d'Appel a pris naturellement la place du Parlement de Flandre en 1804.
Si la vie intellectuelle et artistique est intense (Constant Dutilleux, Théophile Bra, Marceline Desbordes-Valmore), l'activité industrielle est très réduite jusqu'au Second Empire.
La voie ferrée Paris-Lille, inaugurée en 1846, permet à la ville de devenir un n½ud ferroviaire important et l'exploitation du charbon dans les hameaux de Dorignies et Frais-Marais permet un certain renouveau.
En 1887, l'université est transférée à Lille malgré la résistance acharnée du Conseil Municipal.
Le démantèlement des fortifications est décidé en 1891. Une ceinture de boulevards est réalisée à l'emplacement de la muraille et deux jardins publics sont créés. De nombreuses rues sont tracées. Au nord, les terrains libérés sont vendus à différents industriels (Cail, Arbel, Bréguet) pour permettre l'installation de nouvelles usines. Des voies de chemin de fer relient ces dernières à la gare.
Le canal de dérivation de la Scarpe est ouvert à la navigation en 1895, confortant la vocation de la ville comme grand centre de batellerie. La fonderie de canons, l'arsenal et les régiments préservent la fonction militaire.
La ville a réussi sa 1ère révolution industrielle et cet élan est stoppé net par la guerre.
Les deux conflits mondiaux marquent durablement la ville et l'obligent à des reconstructions.
Douai devient capitale du bassin minier et la récession implique une nouvelle mutation.
Douai développe aujourd'hui ses pôles industriel, judiciaire et universitaire.
La ville est occupée par les Allemands pendant toute la durée de la guerre. En 1918, le spectacle est désolant : des quartiers entiers sont en ruines et les voies de communications ont été détruites.
Avec la reconstruction, Douai s'embellit. Le quartier de la gare est complètement réaménagé et une partie du centre reconstruit (place d'Armes – rue de Bellain). A l'ouest, le Faubourg de Béthune commence à se bâtir avec cité-jardin et habitation bon marché.
Les compagnies minières font appel aux Polonais pour compenser le manque de main-d'½uvre et les installent dans des corons bâtis à la périphérie (la Clochette).
La crise économique de 1929 provoque un chômage important et l'arrêt du développement de la ville.
La 2ème guerre entraîne une nouvelle occupation allemande. Des séries de terribles bombardements touchent la ville. A la Libération, tout le quartier de la gare, le centre de la ville, le musée, la bibliothèque et les écoles sont détruits.
Un plan de reconstruction est établi. Malgré la municipalité, un architecte Chomette, imposé par le ministère, édifie les immeubles de la place d'Armes. Les quartiers sont rebâtis, les bâtiments publics reconstruits. Les H.L.M., les lotissements publics ou privés, changent petit à petit la physionomie de la ville.
Le siège des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais est fixé à Douai qui accroît ainsi son rôle régional.
Les années 1960 sont celles de la reconversion avec la fermeture progressive des puits de mines. De nouvelles zones industrielles apparaissent (Dorignies) et l'Etat permet l'arrivée d'une nouvelle et importante usine Renault.
Situé en plein coeur de l'Europe du Nord, Douai bénéficie d'une situation géographique privilégiée. Entourée de Lille, Valenciennes, Cambrai, Arras, Lens, elle est le centre de voies de communication variées (autoroutes, aéroport de Lesquin, T.G.V....).
Les voies navigables restent importantes. Douai possède un port fluvial au point de jonction de deux canaux : celui du Nord et celui de Dunkerque à Valenciennes.
En 1976, la ville adhère au contrat de Ville Moyenne proposé par l'Etat. Les paysages centraux, la place d'Armes et les berges de la Scarpe sont embellis.
Les friches industrielles sont reconquises : la "Fonderie" au coeur de la ville se transforme en espace vert et foyer du 3ème âge et l'Arsenal devient un centre tertiaire accueillant le Trade Center, l'Agence de l'Eau, l'Hôtel de Police...
Les hameaux Dorignies et Frais-Marais sont restructurés et rénovés. Le parc Fenain, un espace vert de 16 hectares, apparaît au nord-ouest de la ville.
A proximité, la réserve naturelle de Douai-Flers est créée en 1995. Mosaïque de milieux naturels autour de la rivière Escrebieux, elle couvre 20 ha et abrite 23 % des espèces nicheuses d'oiseaux présentes dans la région.
Douai renoue également avec son passé universitaire : la Faculté de Droit de l'Université d'Artois est inaugurée en 1996.
La fonction judiciaire est confortée par l'installation de la Cour Administrative d'Appel dans l'Hôtel d'Aoust en 1999.
Avec l'aide de l'Etat et de la région, la Croix de Douai, 2 axes majeurs structurant la ville, retrouve son caractère architectural du XVIIIème siècle. 140 façades sont restaurées.
De nouveau lieux de vie émergent également : un grand complexe cinématographique à proximité du musée, un bowling, une halle d'exposition (Gayant Expo) à l'entrée nord de la ville, permettent toutes sortes de manifestations (salons, concerts...).
Au début du XXIème siècle, Douai, à proximité des grands centres, occupe une place originale dans l'ancien bassin minier et sa région, et permet une qualité de vie à laquelle tiennent ses habitants.